7 octobre 2017

Montage photo et vidéo

Hop, tout beau, tout chaud, voici le montage photo et vidéo de notre année sabbatique 
Installez-vous confortablement, mettez la HD et le son à fond!


16 juillet 2017

Au bercail! (Le Havre)

Coucher de soleil sur la baie de Seine et sur une année sabbatique...
Après quelques jours à se retaper et à se faire choyer par les parents à Cherbourg, nous passons notre dernière nuit en mer, encore au milieu des cargos et pêcheurs, pour traverser la baie de Seine.

Enfin, le 16 juillet 2017, après 350 jours et 10 451 milles (19 355 km) de croisière, après de nombreuses découvertes et péripéties, Passmoilcric et son équipage retrouvent Le Havre, en pleine forme et prêts à repartir !

Nous avons besoin de quelques semaines pour atterrir (dans tous les sens du terme), mais soyez patients: bilans, photos et montages vidéos vont suivre!

Réseau routier (Açores Europe)

Passmoilcric fait son entrée en rade de Cherbourg
Pour les voiliers, les vents forment un réseau routier invisible et sans cesse changeant.

Les Açores sont une sorte de no man's land du réseau routier, genre le fin fond de la campagne la plus reculée. Et (peut-être sans le savoir) vous en connaissez forcément la cause, car la miss météo vous l'a déjà cité plein de fois: l'anticyclone des Açores ! Ben oui, un anticyclone, ça repousse les cyclones, comme son nom l'indique, mais aussi de manière plus générale toutes sortes de vent. Donc, quitter les Açores, ça s'apparente souvent à de longues heures sur de petites routes de campagne...

L'autoroute vers l'Europe, c'est à dire les vents dominants soufflants d'Ouest en Est, passe loin au Nord des Açores, juste sous la trajectoire des dépressions.

Lorsqu'on se rend dans des contrées reculées comme la Bretagne (Lolito, Cocodélo) ou La Rochelle (Arwen), il faut prendre les nationales et les chemins de transverses, semés de vents faibles ou contraires. Et lorsqu'on a l'idée encore plus bizarre d'aller en Irlande (Barrac'h), là il faut carrément traverser l'autoroute, et s'exposer à prendre des vents de Nord-Ouest ou Nord en pleine face. Mais lorsqu'on a la chance de rentrer dans des coins civilisés et bien désservis, comme en Normandie, par exemple au Havre :) , là on a intérêt à monter au Nord pour prendre l'autoroute.

Sauf qu'avant d'attraper l'autoroute, il a fallu se coller les routes de campagnes, pour s'extraire de l'anticyclone. Les routes de campagne, ça a des côtés sympas : on peut rencontrer les locaux (des baleines en partant, un cachalot après 5 jours, puis encore des baleines) et goûter la gastronomie locale (1 bonite pêchée en 2 heures le premier jour!). Mais ça a aussi des côtés moins sympas : de la brume, 3 jours au près ou au bon plein en mode shaker (parfait pour s'amariner...) et 2 jours un peu mous avec beaucoup de transitions de vents, où pour la première fois nous utilisons le moteur en traversée. Bref, pas hyper agréable pour les marins. Mais Passmoilcric, lui, il s'en fout: il est pressé de rentrer à l'écurie, et y'a pas de radar en rase campagne ! Sous 2 ris et foc ORC au bon plein, et sous spi magique dans la molle, Passmoilcric déboule.

Cachalot!

Bonite!

Évidemment, lorsqu'on atteint l'autoroute, il n'y a pas de grand panneau "Bretelle n°32, direction Southampton, Le Havre, Rotterdam, Hambourg, Copenhague..." Mais mine de rien, le vent adonne enfin, ça accélère et nous enchaînons les journées à plus de 140 milles sur 24h.

Ensuite, la Manche a été fidèle à elle même, et nous a reçu comme il se doit, c'est à dire mal. La Manche, c'est toujours l'autoroute, mais avec les pires conditions de circulation imaginables! Un peu avant les îles Scilly, la brume et la bruine nous tombent dessus et ne nous lâcheront plus pendant 48h. Donc visibilité quasi nulle, alors qu'on arrive dans une zone de très dense trafic de commerce. Porte containers, pétroliers, gaziers, vraquiers, paquebots et cargos en tout genre remontent la Manche comme des semi-remorques géants à la queue leu-leu. Il y a aussi les ferries qui traversent la chaussée perpendiculairement, et des nuées de pêcheurs aux trajectoires imprévisibles, comme des sangliers passés par dessus la rambarde de sécurité. Le vent nous joue aussi de sales tours. Il s'installe d'abord fort de Nord-est, nous obligeant à batailler  pendant 36 heures au près, avant de nous abandonner complètement à 40 milles du Cotentin. Et pour nous achever, le courant prend le relais: sans vent, nous arrivons trop tard pour pouvoir franchir le Raz Blanchard et ses 9 nœuds de courant contraire, donc arrêt obligatoire sur l'île Anglo-normande d'Aurigny! C'est comme arriver au passage à niveau au moment où la barrière se ferme...

Bienvenue en Manche...

Un gros voisin

Couché de soleil n Manche

2 gros voisins


Crépuscule aux Casquets

Bref stop à Braye

A cette occasion, Passmoilcric recoupe sa trace à l'entrée du port de Braye, 11 mois et 12 jours plus tard... La boucle est bouclée, mais nous ne sommes pas encore à la maison !

La bière sans alcool de l'arrivée!

Après une courte nuit mouillés à Aurigny, nous franchissons le Raz Blanchard au même moment que les 80 voiliers du Tour des Ports de la Manche, puis entrons dans la rade de Cherbourg sous les yeux du fan club venu nous accueillir!

Au près, tout dessus dans la dernière ligne droite


Le fan club au ty punch!

Siouville beach, retour aux sources

Après 10 mois uniquement sur des îles (depuis les Canaries!), nous reposons les pieds sur le vieux continent et retrouvons nos familles.

2 juillet 2017

Retour sur la Transat retour!

Bon, à priori on (re)part demain...
Pour vous faire patienter pendant cette longue navigation à venir, voici un petit retour en images sur la Transat Bermudes - Açores, grâce au montage réalisé par Anthony:



Si ça ne fonctionne pas chez vous, vous pouvez la retrouver en HD au lien suivant:
https://vimeo.com/222436832

1 juillet 2017

Faux départ !

Passmoilcric à la plage (Praia)!
Hem... Bon ben nous sommes toujours à Terceira! Après 4h30 de navigation lamentable, à tirer des bords dans la pétole puis au moteur, et à gamberger sur la météo à venir, nous avons échoué à Praia da Vitória, 15 milles plus loin!
Départ d'Angra au coucher du soleil
J'entends déjà les mauvaises langues prêtes à charrier, alors du coup, voici le :

TOP 8 DES RAISONS DE S'ARRETER A PRAIA:

1) Avec notre appareil photo perdu, il fallait refaire des photos de Praia!
2) On n'allait quand même pas partir sans les copains ! Barrac'h, Arwen, Cocodélo, Lolito et Ewae sont en stand-by...
3) Il nous restait une rando à faire au nord de Terceira.
4) On ne s'était toujours pas baignés dans les piscines naturelles!
5) Il nous fallait bien une nuit sans concert avant de partir !
6) Les modèles météo européens et américains ne sont pas d'accord. On sait bien que les européens ont toujours raison, mais les "vérités alternatives" de Trump nous font douter!
7) Nous ne sommes pas tout à fait prêts à rentrer en Europe...
8) Et pis d'abord, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis!

Départ de rando

Les orgues basaltiques

Piscines naturelles de Quatro Ribeiras

30 juin 2017

Les teufeurs (Terceira)

Angra en fête
En perdant notre hélice, nous avions une excuse béton pour ne pas rentrer trop vite en Europe. Mais pas de bol, la réactivité de Pedro Parreira et son équipe a résolu le problème en une grosse semaine (merci)! Heureusement, l'anticyclone des Açores s'en est mêlé, en se positionnant assez Nord, rendant ainsi la situation peu propice à un départ vers l'Europe (sauf pour les masos).

Passmoilcric au sec pour la 2eme fois du voyage!
Finalement, ce n'est donc pas un problème technique, mais bien la météo qui nous aura bloqué sur Terceira pendant deux semaines et demi. Après les manouches à Antigua, les squatteurs à São Jorge, ce changement de programme forcé a fait de nous des teufeurs!

Les Açoriens sont très accueillants, très croyants... et très fêtards!

Sur les îles de Florès, Faial et São Jorge, nous avions assisté à la fin des fêtes d'Espirito Santo (Saint Esprit) qui durent 2 mois. D'après ce qu'on a compris, chaque famille fête ses morts, et pendant les festivités, du pain et une soupe sont offerts à tout le monde. A Horta (Faial), il y avait des processions et de grands barnums populaires, et le Président portugais s'était déplacé. À Velas (São Jorge), c'était plus modestement la rue décorée, avec l'orchestre de l'école et un garage en guise de bar!

À Terceira, nous sommes passés au moment des San Joãoninas, très célébrées sur toute l'île, et notamment dans sa capitale Angra do Heroismo. Bon là, on n'a pas trop compris ce qu'ils fêtent, mais ils font ça en grand!

La ville est complètement transformée pour les 8 jours de fêtes: illuminations, 3 scènes, bars et restaurants éphémères... Pour le défilé d'ouverture, c'est tapis rouge et foule compacte dans les rues, balcons décorés et bondés, les papis et mamies qui réservent un bout de trottoir avec leurs sièges, les télés en direct... Ensuite, il y a des quantités d'animations, défilés, concerts (qui démarrent à 1h30 du mat'...), "touradas" et même une régate.

Angra, vue du bord

Le défilé

Les illuminations
Lors d'une bataille mémorable, les habitants de Terceira ont repoussé les espagnols, en lâchant leurs troupeaux sur l'envahisseur. C'est l'origine des "touradas", spectacles de taureaux sans mise à mort. Nous y avons assisté 3 fois, ce qui nous a permis de comprendre:

A) A quoi servent les parapluies ici? A Angra, 6 taureaux ont été lâchés dans les rues, où nous sommes restés sagement derrière les barricades. Mais les plus téméraires défient les taureaux en déployant des parapluies devant eux, puis grimpent aux arbres...

Olé!

Lâché en pleine ville!

Les balcons décorés

B) Qu'est-ce qu'une " tourada a corda"? Dans les villages de Doce Ribeiras et São Mateus, il s'agissait de touradas a corda, où le taureau est retenu au bout d'une corde par 10 hommes. Là, les taureaux sont beaucoup plus agressifs, et nous voyons un incident à chacune d'entre elles (voir ci-dessous) !

Tourada a Corda à Doce Ribeiras

Re-olé!
C) Pourquoi les murs des champs ne sont pas cimentés? A Doce Ribeiras, avec Fred et Mélanie, nous sommes idéalement placés aux premières loges, debout sur un muret. Mais le 2e taureau saute par dessus le mur, et se trouve dans le champ avec les spectateurs! Grosse panique générale et grand spectacle... Après plusieurs tentatives de faire passer le taureau par un balcon, les locaux finissent par démolir le muret sur lequel nous nous trouvions quelques minutes avant!

Sauté de mur

Le mur détruit...
D) Comment on soigne un trauma crânien? À São Mateus, un homme chute sur la tête dans les cailloux, en sautant d'un mur pour éviter le taureau. Après 10 minutes dans l'ambulance, il en ressort à pied, tout fier, avec un gros pansement à la tempe!

Évidemment, même avec Passmoilcric en config Transat, nous n'avons pu nous empêcher de faire la régate en double. Une quarantaine de concurrents dont 3 non locaux : nous, nos voisins estoniens de retour d'un tour du monde, et un français en Optimist (son annexe)!
Météo parfaite pour un parcours entre les îles de la baie, suivi d'un repas au resto surplombant le port. Le concept est intéressant : régate, repas et alcool sont gratuits, le seul truc payant, c'est l'eau! Et à la fin, le président du yacht club insiste pour que tu partes avec des restes du buffet... Nous profiterons même de sa propre voiture, qu'il loue à un prix défiant toute concurrence aux navigateurs de passage !

Passmloicric numéroté et sans capote, en mode régate!

Passage des îlots
Bon, à part ça, Angra do Heroismo est une ville magnifique, bien plus intéressante que Horta. Ce fut longtemps la capitale et le port historique des Açores. Sur ce site protégé par le volcan du Monte do Brasil, les flottes portugaises et espagnoles y faisaient escales comme nous au retour du nouveau Monde, avec des fortunes colossales. La ville est classée au patrimoine mondial de l'humanité, avec ses 3 forteresses, ses palais somptueux, ses églises...

Vue de Angra do Heroismo

Angra, une rue

Angra, le palais des gouverneurs généraux

Angra, la plage
L'île de Terceira, plus plate que les précédentes, offre quand même de beaux paysages et randos. Au Sud Est, les falaises volcaniques plongent dans l'océan. A l'Ouest, sur les pentes du volcan, on a une vue splendide sur São Jorge, Graciosa et Pico. Au Nord, la lave forme des piscines naturelles à Biscoitos. Au centre, nous suivons les traces du volcanisme local : cratères, fumerolles soufrées et grotte de lave. Et à l'Est, la Serra do Cume offre une vue plongeante sur les grandes surfaces cultivées de cette partie plus plate.

Vue sur Sao Jorge

L'intérieur de l'île

Biscoitos, les piscines naturelles

Biscoitos avec Arwen

Les falaises du Nord Ouest

Port de pêche de Sao Mateus

Les hortensias partout

Gouffre volcanique

La serra do Cume

Le phare das Contendas
Après ce long séjour, nous commençons à nous débrouiller un peu en Portugais, et comme dans toutes nos escales lusophones, les gens sont super sympas.

Mais fini la rigolade, car il est temps de rentrer... L'anticyclone semble nous ouvrir non pas une fenêtre, mais une toute petite lucarne pour nous faufiler vers l'Europe. Nous quittons à regrets les Açores demain, pour une dizaine de jours de navigation.

Prochaine escale : les îles Scillies, l'Aber Wrac'h, Belle Île, Cherbourg ou Plymouth, selon la météo, le timing et l'humeur du capitaine!

20 juin 2017

Les squatteurs (São Jorge)

Fajã do Ouvidor

Passmoilcric étant coincé à Terceira en attente d'une hélice, nous avons pris un ferry pour passer 2 jours sur l'île voisine de São Jorge.

Nous y avons passé 3 nuits dans un petit hôtel de charme, avec vue imprenable sur la mer. Le confort est sommaire, le patron sent un peu mauvais, mais on y est reçu chaleureusement, et la maîtresse de maison dose très bien les ti-punchs. Bref, on a retrouvé Anna et Olive et squatté sur Barrac'h.

São Jorge est encore différente des autres îles. C'est une haute falaise de 800m sur 40 kilomètres le long, avec les villages sur les fajãs, comme à Florès. Vues plongeantes et spectaculaires, donc.

Fajã do Vimes

Ponta dos Rosais

Du coup, nous avons fait du stop, randonné, bu des cafés, joué aux cartes, regardé la pluie tomber, visité des églises, bu des bières, pris des coups de soleil, arraché les poils d'Olive, perdu notre appareil photo...

Bref, 5ème île visitée aux Açores, en 2 jours top moumouth pour nous faire oublier notre hélice!